Les travaux de terrassement et la construction débutent en 1867. Le fort de Queuleu est le plus vaste des forts de la première ceinture de Metz, avec un front de 800 m pour une profondeur de 450 m. Son architecture s’inspire encore des enceintes bastionnées, perfectionnées par Vauban au XVIIe siècle et par Cormontaigne au XVIIIe siècle. Ses quatre fronts mesurent chacun 350 m de long et la façade côté ville est longue de 700 m. Il est prolongé de chaque côté d’une batterie annexe. La caserne forte est un ouvrage en béton, avec parement en pierre de Jaumont, comprenant deux étages de casemates, avec des salles voûtées. L’armement du fort est de 122 pièces d’artillerie de divers calibres. La garnison est fixée par décret le 23 août 1869 à 2 000 hommes. Ses quatre fronts mesurent chacun 350 m de long.

Il comporte différents éléments propres à l’architecture défensive de cette époque :

  • une enceinte bastionnée : L’enceinte bastionnée est constituée de cinq grands bastions. Le fossé périphérique, d’une largeur de 15 m pour une profondeur de 6 m, est défendu par deux parapets : un d’infanterie et un autre d’artillerie. La contrescarpe et l’escarpe du fossé sont revêtues de maçonnerie. Les courtines sont encore doublées par des tenailles.
  • un cavalier central : la partie centrale du fort est occupée par un important cavalier, formant réduit, et traversé par quatre longues poternes. L’une d’entre possède une entrée modifiée et une autre sert de magasins à munitions (celle à l’extrémité sud du cavalier). Le cavalier comporte aussi une grande caserne de deux étages avec un parement en pierre de Jaumont extrêmement décoré, deux magasins à poudre (d’une capacité totale de 237 688 kg) et de nombreux abris ainsi que des aménagements en terre destinés à l’installation de pièces d’artillerie. Fortement surélevé, il domine tous les parapets élevés devant lui, en particulier celui barrant la porte d’entrée et tout le terrain environnant. Conforme à l’esprit de Séré de Rivière, il constitue ainsi la batterie haute du fort avec un rôle de batterie à longue portée, tandis que les pièces disposées sur les parapets ont surtout pour rôle d’assurer une défense rapprochée en flanquant le fossé en cas d’assaut.
  • un fossé de gorge : le fossé de gorge est renforcé par une galerie reliant les deux casernes construites dans le fossé, qui comporte toutes sortes d’embrasures et de coffres, simples ou doubles, ce qui permet de mettre à l’abri les pièces pour la défense de la partie la plus sensible du fort.
  • des coffres : on note aussi l’existence de deux séries de coffres : la première le long du mur de flanquement droit de la caserne I du fossé et l'autre quelques centaines de mètres de distance de ce même bastion. Il semblerait qu'on ait adjoint à cette dernière série de coffres une « issue de secours » juste en face d'une casemate permettant de sortir du fossé vers l'extérieur. Cela expliquerait la présence non académique de ces coffres à cet emplacement. Ces deux séries de coffres pourraient avoir été reliées par une galerie encore plus profonde.
  • des batteries annexes : le fort est prolongé de part et d'autre par deux batteries annexes, une au nord et l'autre au sud. Il est renforcé, dans les années 1895 par deux batteries blindées de 4 pièces de 150 mm chacune, celle de Queuleu au nord et celle du Sablon au sud-ouest.

Incomplète lorsque la guerre de 1870 éclate, sa construction sera achevée sous l'Empire allemand.

Le 14 août 1870, le fort reçoit son baptême du feu lors de la bataille de Borny. Le fort fait l’objet de bombardements prussiens. La forteresse est occupée par les troupes françaises pendant le siège de Metz entre le 20 août et le 28 octobre 1870.

À la suite du siège de Metz qui s’achève le 28 octobre 1870 par une défaite française, le fort passe sous domination allemande. Le fort est alors renommé Feste Goeben, du nom du général prussien du VIIIe corps d’armée (VIII. Armeekorps), August Karl von Goeben (1816-1880) qui s’était illustré en Moselle lors des batailles de bataille de Forbach-Spicheren, le 6 août 1870 et de Saint-Privat/Gravelotte le 18 août 1870

Les ingénieurs allemands entreprennent d’importants travaux de modernisation et de renforcement. Les principes théoriques mis en place par Hans Alexis von Biehler (1818-1886) en Allemagne y sont apportés. La ceinture de fortifications est complétée par de nouvelles constructions qui ont parfois été ébauchées par les Français en 1870 : Feste von Zastrow/fort des Bordes (1872-1875), Feste Prinz August von Württemberg/fort Saint-Privat (1872-1875), Feste Kameke/fort Déroulède (1876-1879), Feste Schwerin/fort Decaen (1878-1880) et Feste Hindersin/fort Gambetta (1879-1881). Les travaux de modernisation qui s’étendront entre 1872 et 1874 puis entre et 1887 et 1889. Ils se caractérisent par :

  • l’installation sur le cavalier de deux abris d’observation cuirassée modèle 1887, qui se trouvent dans des casemates reliées aux poternes ;
  • la construction de deux casemates de flanquement sur les bastions. L’une d’entre elles semble avoir accueilli des chevaux. Les portes ont été modifiées par obturation de l’espace de l’un des deux battants ;
  • la construction de nouveaux bâtiments, essentiellement des casemates jumelles reliées par galerie, et la modification d’autres. On note par exemple l’obturation des deux casemates situées dans les deux élargissements du fossé au niveau du front de tête. Il semblerait que l’accès à ces deux casemates était assuré par un escalier situé dans le fossé ;
  • l’installation à la pointe des trois bastions des fronts de tête d’observatoires d’infanterie. Ces deniers sont noyés dans le béton d’une petite casemate à une seule entrée sans autre espace que la chambre de l’observatoire ;
  • la construction de batteries annexes de part et d’autre de la gorge ;
  • le creusement de galeries de contre-mines dans la contrescarpe des trois bastions de têtes. Pour certaines d’entre elles, de véritables petites casemates ont été aménagées en façade. En général, à l’intérieur se trouvent deux départs de galeries de sape ;
  • le renforcement après 1887 des bâtiments suite aux progrès de l’artillerie ;
  • l’installation de nouveaux équipements comme des monte-charges ou le blindage des fenêtres. La poterne à entrée modifiée et un abri d’observation cuirassé en sont encore équipés. Le fort est alors alimenté en eau par la station élévatrice de Queuleu et se trouve relié au réseau électrique urbain et au réseau téléphonique souterrain de la place forte de Metz ;
  • l’installation d’un réseau de fil de fer sur les glacis du front de tête et des flancs. Ce réseau est encore ponctuellement conservé.

Les travaux s’achèvent en 1890. En effet, entre 1899 et 1914, les Allemands décident la construction d’une seconde ligne de fortification, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Metz, afin de tenir compte des progrès de l’artillerie. Cette nouvelle ceinture fortifiée fait perdre au fort de Queuleu son intérêt stratégique mais ce dernier reste cependant un important lieu de cantonnement. À cette époque, Metz, dont la garnison allemande oscille entre 15 000 et 20 000 hommes, est devenue la première place forte du Reich allemand.


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