Le Groupe Fortifié de Guentrange, construit de 1899 à 1906, occupe le sommet de la colline de Guentrange (côte 316) distante de 2,5 kilomètres à l’Ouest de Thionville : il forme une tête de pont. Il appartient à la première phase de construction de la Moselstellung qui s’attèle à couvrir la rive gauche : à Metz, les groupes fortifiés « Lorraine », « Jeanne d’Arc » et « Driant » sont construits au même moment. La garnison prévue est de 1800 à 2000 hommes.
Première des festes du pivot à avoir été bâtie, le Groupe Fortifié Guentrange est le plus connu des Thionvillois en raison de son ouverture au public, il est aussi le plus puissant : à lui seul, il regroupe la moitié des pièces sous tourelles installées dans le secteur (8). Sa mission était de protégée Thionville et de couvrir le terrain compris entre la Fensch et la route de Luxembourg. Il commandait en même temps le noeud ferroviaire Luxembourg-Metz et Metz-Coblence.
L’artillerie se compose de deux batteries cuirassées occupant les extrémités du Groupe Fortifié : la batterie sud sur la crête Nord-Est et la batterie nord sur la crête Nord-Ouest. L’infanterie bénéficie de de trois ancrages sur le terrain : deux desservant les batteries (caserne Nord et Sud) tandis qu’un ancrage principal, la Caserne centrale, est située entre les deux batteries. A lui seul, le G.F. est aussi important en superficie que la ville de Thionville en ce début de siècle...La route d’accès est défendue par un blockhaus.
Chacune des deux batteries est composée de quatre tourelles pour canon de 100 à tube court (10 cm Panzertürme), c’est-à-dire d’une longueur de 2 mètres et d’une portée de tir d’environ 10000 mètres, et de deux observatoires cuirassés installés aux extrémités de chacune. La batterie Sud est en ligne droite tandis que la batterie Nord est disposée en équerre. Chaque batterie est protégée contre les assauts d’infanterie par un réseau de fils de fer barbelés propre rejoignant le réseau périphérique.
Les positions d’infanterie Nord et Sud, situées à proximité d’une batterie, sont constituées d’une caserne bétonnée à trois niveaux (dont un sous-sol partiel). Celle-ci est précédée d’un parapet d’infanterie avec emplacements pour mitrailleuse et abris de piquet avec un observatoire léger. La Caserne centrale (l’Hauptkaserne) est l’élément qui permet à l’ensemble des organes d’être reliés. D’une longueur de 150 mètres, elle comprend quatre niveaux : il s’agit de la plus importante caserne construite par les Allemands.
Après 1910, les Allemands entreprennent de nouveaux travaux de renforcement. A flanc de colline, 35 mètres en contrebas des ouvrages existants, ils placent un deuxième réseau de fil de fer sur tout le périmètre et le flanquent par six grands coffres armés de mitrailleuses. Ces coffres de flanquement, soit simples, soit doubles, comportent deux ou trois niveaux (dont un seul en surface), possèdent une cloche de guet, un ou deux projecteurs électriques éclipsables pour l’éclairage du glacis, des embrasures pour mitrailleuses (obturables par des volets blindés). Entre les deux réseaux, dans la partie Nord, sont installés deux parapets d’infanterie bétonnés avec trois abris. Ces nouveaux organes (coffres et parapets) sont reliés aux casernes par des galeries souterraines.
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