De 1899 à la Première Guerre Mondiale, Thionville assiste à la construction de trois festes sur des hauteurs plus ou moins proches. La vieille enceinte bastionnée est déclassée, une fois les travaux bien avancés. Nous retrouvons cette tendance au même moment dans l’ensemble de l’empire allemand (Metz, Coblence, Koenisgberg, Posen, Mayence et Wesel).

Les nouveaux ouvrages totalisent ensemble une garnison de près de 5000 hommes et rassemblent 16 pièces sous tourelles cuirassées. La première de ces festes est Guentrange (située en rive gauche) puis s’érigent sur la rive droite Illange (1904) et Koenigsmacker (1905). En 1918, les Français reprennent possession de l’Alsace-Lorraine sans que les festes n’aient eu à subir l’épreuve de la guerre. Il n’en sera pas de même en 1944 avec la bataille de part et d’autre de la Moselle entre Américains et Allemands.

Ces trois défenses avancées s’appuyent mutuellement. La place de Thionville est couverte principalement par l’ouvrage de Guentrange. Les deux autres ouvrages, Illange et Koenigsmacker, distants l’un de l’autre de 8 kilomètres, ont pour mission d’interdire le passage de la Moselle de part et d’autre de Thionville et de battre les hauteurs environnantes : Koenigsmacker en aval surveille le saillant de Cattenom tandis qu’Illange, en amont, veille sur la vallée de l’Orne et Briey.

Appartenant aux festes de la seconde génération, nous relevons les quatree caractéristiques évoqués précédemment :


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    les ouvrages de combat se trouvent à distance (batterie cuirassée pour canons à tir tendu avec observatoires et poste de commandement séparés, moyens de communication par tuyaux accoustiques, téléphones, éclairage électrique et aération forcée),

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    réseaux d’obstacles (réseaux de fil de fer barbelés, grilles autour de chaque élément de la feste et autour de la  totalité de la feste),

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    des casernes à l’épreuve des bombes, les Kriegskasernen, distinctes des structures de défenses, artilleries et infanteries, mais reliées à elles par des galeries,

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    des structures de défense rapprochées (tranchées avec abris à l’épreuve des bombes et au moins un ouvrage d’infanterie protégé contre des assauts d’infanterie).

Une des grandes innovations de ces nouvelles festes concerne des casernes bétonnées, les Kriegskaserne. Littéralement caserne de guerre, il s’agit de grandes constructions casematées qui sont complètement enterrées du côté ennemi tandis que côté cour la façade dite de gorge est percée de portes et de fenêtres.


D’autre part, les festes de Thionville sont construites durant la période où est mis définitivement en place la tourelle de 100 cuirassée, plus résistante que la tourelle à bouclier.

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